Géographie

Une immense contrée aux aspects variés, aux ressources variables.

L'Algérie, largement ouverte sur la Méditerranée à la hauteur du 37° degré de latitude nord occupe le centre de l'Afrique du Nord française. Les frontières terrestres qui la séparent à l'est de la Tunisie et à l'ouest du Maroc se rejoignent au sud en un point situé aux environs du 19" degré de latitude nord, bien au-delà du tropique du Cancer, à quelque 2 000 kilomètres de la Méditerranée. Sa longitude est celle de l'Europe occidentale.
Le territoire de 2 204 864 km2, ainsi délimité, s'étend à la fois dans les zones méditerranéenne, subtropicale et tropicale.
Il groupe deux régions :
l'Algérie du Nord et le Sahara, d'inégale étendue et nettement différenciées par la structure, le relief, le climat, les conditions offertes à l'activité des hommes.

Atlas et Sahara, deux morceaux différents de l’écorce terrestre
.
L'Algérie du Nord est essentiellement constituée par un système montagneux :
l’Atlas, dont les deux extrémités appartiennent au Maroc et à la Tunisie. Toutefois, cet ensemble ne forme qu'un étroit bourrelet.
Il sépare la Méditerranée d'une immense contrée, le Sahara, qui déborde les frontières de I'Algérie.
Atlas et Sahara relèvent de systèmes géologiques différents. La chaîne de plissement récent qui forme le premier appartient à la même génération de montagnes que les Alpes dont elle est séparée aujourd'hui par les fosses profondes de la Méditerranée occidentale. Le Sahara occupe la partie septentrionale de I'immense plateforme africaine dont la rigidité fut acquise dans les temps les plus reculés de I'histoire de la terre.
Les derniers plissements qui l'ont affectée datent de la fin du primaire. Cette structure différente explique les traits opposés du relief de ces deux régions.

L'Algérie du Nord
: pays-de hautes terres Circonscrite géographiquement à la chaîne de l’Atlas, l'Algérie du Nord n'a qu'une superficie d'environ 330 000 km2, soit 58 % de celle de la France.
C'est à la frontière marocaine que le système montagneux atteint sa plus grande largeur. II s'amincit ensuite vers l'est. Les sommets manquent de hardiesse, les plus hauts qui jalonnent les deux bords de la chaîne ne dépassent que de peu 2 000 mètres.
De hautes plaines s'étendent entre eux et prennent dans le Centre et I'Ouest de l'Algérie autant de place que les montagnes. L'altitude moyenne très élevée se situe aux environs de 900 mètres. Les divisions de I'Atlas découpent l'Algérie du nord au sud en trois zones dont I'orientation générale est approximativement parallèle à la côte :
l'Atlas tellien, les Hautes Plaines ou Hauts Plateaux, l'Atlas saharien.
Toutefois, I'importance des Hautes Plaines diminue vers l'est où les deux chaînes de bordure se rejoignent et se mêlent près de la frontière tunisienne.
De ce fait, l'Algérie orientale, nettement plus massive, ne présente plus que d'une manière atténuée les divisions classiques longitudinales.
Presque entièrement tellienne et méditerranéenne, sa physionomie diffère sensiblement de celle de l'Algérie occidentale. Ici, malgré leur très forte individualité, Atlas saharien, Hautes plaines et Atlas tellien présentent certains caractères communs :
relief permettant partout une circulation aisée, sécheresse généralisée et particulièrement sensible dés les derniers contreforts de l'Atlas tellien où l'influence du désert se fait déjà sentir.

Sahara : terre aux horizons infinis.

Le Sahara, par contre, fait partie de l’interminable plateau africain et de l’immense désert qui s'étend de I'Atlantique à la Mer Rouge et de l'Atlas au Tchad.
Son relief où dominent les plateaux et les plaines, souvent déprimées, est d'une désespérante monotonie. Les montagnes, d'altitude médiocre, n'occupent qu'une place réduite au sud du parallèle d'In-Salah.
On peut cependant distinguer, dans cette immensité de plus de deux millions de kilomètres carrés, trois grands ensembles qui, malgré leurs traits communs assez nombreux, ont chacun leur physionomie distincte.
Ils s'échelonnent du nord au sud :
bordure de I'Atlas saharien, Sahara central et Massif targui.
Différents par leur structure et leur relief, l'Algérie du Nord et le Sahara appartiennent respectivement à chacune des deux grandes zones climatiques qui se partagent le bord occidental de l’ancien monde au nord de I'Equateur.

Méditerranée et désert facteurs déterminants du climat.

Tandis que le Sahara appartient au domaine tropical des vents alizés et des déserts, l’Atlas est compris dans la zone tempérée. Cependant dans l'Algérie du Nord comme dans tous les pays riverains de la Méditerranée, les précipitations s'interrompent à peu près complètement en été.

Pendant la saison froide, les conditions atmosphériques redeviennent typiquement celles de la zone tempérée, avec toutefois des variations régionales très marquées dues à la grande diversité du relief.
Tout le littoral bénéficie d'un climat doux et régulier. Les températures moyennes y sont sensiblement les mêmes de l'ouest à l’est et varient relativement peu entre le jour et la nuit comme entre l’hiver et l'été.
La température s'abaisse ou s'élève rarement au-dessous de 0° ou au-dessus de 40° et les variations mensuelles moyennes observées sur une période de vingt-cinq ans se situent entre 6° et 28°.
A mesure qu'on s'éloigne de la mer, son effet régulateur s'atténue et le contraste de température entre le jour et la nuit augmente comme aussi celui des différentes saisons ; la température moyenne s'abaisse en même temps qu'augmente l'altitude et les gelées hivernales sont fréquentes dans les régions élevées de I'Atlas et sur les Hautes Plaines.
Les températures Moyennes mensuelles oscillent entre 30° et 35° avec des minima de : 15° et des maxima de 45°.
Au-delà de l'Atlas saharien, on observe de fortes amplitudes thermiques et des températures très élevées dues à la moindre altitude et aussi à la latitude plus basse :
Touggourt est un exemple typique du climat nord-saharien avec des températures moyennes mensuelles de 10° à 34° et des extrêmes atteignant 3° et 50°.

Une pluviométrie essentiellement variable

Bien plus que la température, c'est surtout la répartition géographique des chutes de pluie qui détermine l'aspect de la campagne algérienne. L'Algérie du Nord ne reçoit nulle part moins de 200 mm. de pluie par an, alors que l'Algérie du Sud reçoit partout moins de 100 mm.
La partie située à I'est du méridien d'Alger est plus arrosée que la partie ouest. Les moyennes s'amenuisent aussi en allant du nord au sud, sauf sur la partie nord des chaînes de montagnes ou les précipitations sont plus abondantes. La caractéristique dominante du régime des pluies en Algérie est la répartition irrégulière des précipitations dans le temps :
1) Les 8/10" des pluies tombent d'octobre à avril, mais les années ou la hauteur de pluie enregistrée s'écarte sensiblement de la moyenne sont relativement fréquentes.
2) Au cours des sept mois de pluviosité principale d'une année, il n'est pas rare d'observer des périodes sèches qui peuvent s’étendre jusqu'à soixante jours successifs, comme on peut observer des pluies importantes sur une période de quelques jours seulement.
Les difficultés majeures de l'agriculture algérienne ont ces deux données pour cause : l’irrégularité des pluies et leur insuffisance.
Enfin, une autre particularité désastreuse du climat algérien est la fréquence des chutes de pluie intenses pouvant occasionner des dégâts d'autant plus graves que le pays moins boisé permet un ruissellement plus fort.
Au sud de l'Atlas saharien, le climat aride est caractérisé par la rareté des précipitations et les écarts de température considérables entre l'hiver et l'été, le jour et la nuit.

Fixation progressive des populations.

La végétation concrétise la diversité due au climat et au relief et détermine les conditions naturelles offertes à l'activité des hommes.
Le Tell, ensemble des régions à influence méditerranéenne, est le pays des champs, des cultures riches et des forêts. Il s'étend le long de la côte en une bande de largeur variable.

La population est maintenant entièrement fixée, soit dans les grandes villes du littoral, soit dans les campagnes où l'extension des cultures a fait reculer, puis disparaître le nomadisme. Le domaine de la steppe correspond à un climat méditerranéen dégradé, soumis à la prépondérance d'influences continentales.
Il s'étend sur la partie occidentale des Hautes Plaines, sur la presque totalité de I'Atlas saharien et couvre près de 175 000 km2. La culture des céréales y est aléatoire et la végétation spontanée : plantes herbacées permanentes ou annuelles en font un pays d'élevage du mouton.
La transhumance pastorale qui a reculé devant la mise en valeur du Tell y demeure le mode de vie traditionnel. Toutefois, I'aménagement de points d'eau pour le bétail, le développement de centres de cultures dans les régions favorisées réduisent de plus en plus les parcours des troupeaux.
Des villages de sédentaires (Ksour) ont de tous temps existé dans les montagnes ou les plaines élevées et des marchés importants assurent la commercialisation des produits de la région.
Immense zone vouée à l'aridité, le désert ne s'humanise qu'autour des oasis. La végétation extrêmement dégradée disparaît totalement sur d'énormes espaces et les seules cultures existantes sont confinées dans les palmeraies autour des points d'eau.
La population sédentaire des Ksour déploie une ingéniosité aux manifestations très diverses pour irriguer les jardins abrités par les palmeraies.

D'autres Sahariens, nomades, éleveurs de chameaux et de chèvres, se déplacent suivant les saisons et les régions qu'ils parcourent soit vers la steppe de I'Algérie du Nord en été (nomades du Haut Sahara), soit vers les ergs et les vallées de montagnes en hiver et vers les oasis en été (nomades du Sahara central).
Une petite partie de la population, semi-nomade, se déplace périodiquement avec ses troupeaux et cultive les terres susceptibles de fournir rapidement des récoltes parfois abondantes.
C'est le cas de la vallée de l'oued Guir dont les alluvions très riches reçoivent les crues de façon irrégulière : mais faut-il encore pour que la récolte soit bonne que les débordements ne soient pas trop violents et néanmoins suffisamment importants

MINISTERE de l’ALGERIE 1957 Envoyé Par M. C. Fretat, pages de 35-53
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Mis en ligne le 15 janvier 2026

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